Visite de Georges Lamirand en Drôme

Visite de Georges Lamirand en Drôme

Georges Lamirand[1], Secrétaire général à la jeunesse, arrive dans la Drôme pour deux jours de visite, du 9 au 11 mars 1941, au pas de charge. Après avoir parcouru la veille le département de l’Isère où il rendit visite au centre de la jeunesse à La Tour-du-Pin, Vizille et Grenoble, il est accueilli par une délégation des chefs de la jeunesse qui va à sa rencontre entre Saint-Lattier et Saint-Paul-lès-Romans pour son entrée dans la Drôme et passe entre une haie de scouts et de compagnons.

Extrait du livre : les Compagnons de France du valentinois


[1] Georges Lamirand, né en 1899, est ingénieur de formation. Il occupe différentes responsabilités de direction dans des entreprises métallurgiques. Il reste au poste de secrétaire général à la jeunesse de septembre 1940 à mars 1943.

Arrivée à Valence

Arrivée à Valence le dimanche 9 mars à 18 h place Madier-Montjau où l’attendent les personnalités de la ville rassemblées devant la statue de Montalivet.

La Marseillaise retentit. Lamirand et les invités rejoignent rapidement la préfecture drômoise pour le dîner officiel à 18 h 45.

Devant le parterre de convives, il fait un bref compte rendu de son passage à Romans à 15 h 30 pour inaugurer la première Maison de la jeunesse de France.

Die

Dès 7 h 30 le lendemain (lundi 10 mars), sous une pluie fine et froide, Lamirand est à Die au château de Chamarges, Il est reçu par le chef de l’école Maurice Rouchy, les élèves et le personnel de l’école au garde-à-vous dans la salle d’honneur, toujours accompagné de M. Rivalland, préfet de la Drôme, de M. Baudin, sous-préfet de Die (qui sera remplacé, peu de temps après par M. Deshusses) et de Charles Buré, délégué départemental de la jeunesse.

Le cortège se rend ensuite au centre du Martouret pour une courte visite. Accueilli par M. Chayet, le directeur, Lamirand découvre un ensemble de bâtiments inoccupés pour le moment, mais dont il est envisagé une prochaine affectation pour la jeunesse.

Puis Lamirand va à la rencontre de la population de Die. Il passe sous une banderole portant l’inscription « Vive le Maréchal ». Sur la place de la République, face à la sous-préfecture, le maire Marie Tardif et ses adjoints, le peloton de la gendarmerie, la compagnie de sapeur pompiers, les corps constitués : légion Française, Croix Rouge, scouts et éclaireurs, écoles publiques, agriculteurs, et une bonne partie de la population, attendent.

C’est une fillette, réfugiée lorraine, qui offre le bouquet de fleurs.

Après les discours, la visite à Die se termine à la sous-préfecture où un verre de Clairette de Die est servi.

Montélimar

De là, il prend la direction de Montélimar. Tout le long du trajet, la foule est massée le long de la route, Lamirand fait quelques haltes non prévues à Sainte-Croix, Pontaix et Vercheny.

 

Un arrêt plus prolongé à Saillans où l’accueil est organisé par Algout, maire et Jacquet, président de la Légion. Il reprend la route avec de brefs arrêts à Mirabel-et-Blacons et Aouste-sur-Sye où les Compagnons de France rendent les honneurs.

 

Dans tous les villages, la Légion Française des Combattants est présente.

À 10 h 45, il arrive à Crest sous une pluie battante, la population l’attend dans la cour de l’école publique et pour ceux qui le peuvent, sous les préaux. Comme à Die, présentation des personnalitésCompagnons de France, Georges LAMIRAND par le maire M. Rozier, visite au Syndicat Agricole de Crest.

 

À 12 h 45, avec plus d’une heure de retard et 4 arrêts à Puy-Saint-Martin, Cléon-d’Andran, Sauzet et Saint-Marcel-lès-Sauzet, il arrive à Montélimar, sous un beau soleil. Il est reçu par le maire M. Édouard Tardieu entouré de son conseil à l’entrée sud des Allées du Champ de Mars. Puis Lamirand entre dans les rangs et échange quelques mots avec les élèves de l’école d’Épinal, puis des écoles privées Sainte-Croix, les Compagnons de France, les scouts, éclaireurs, les élèves des écoles publiques et du collège, et pour terminer les différentes institutions, la Légion des Combattants.

Après quelques discours au kiosque des Allées, Georges Lamirand et sa suite déjeunent au « Relais de l’Empereur » avant de prendre la direction de Valence.

 

Sur son parcours, il visite le chantier des Compagnons de France à l’Homme-d’Armes, le travail consiste à déboiser les bas-côtés de la route pour l’élargir. Il engage le dialogue avec les jeunes compagnons et leur demande leur métier d’origine : peintre, menuisier, décorateur : « Voici de jeunes gars qui ont dû abandonner un métier intéressant, et qui doivent aujourd’hui, faire les bûcherons. Il faut les reclasser ! ».

 

Après un bref arrêt à La Coucourde et à Saulce-sur-Rhône, passage à Loriol où des jeunes filles lui remettent une boîte de confiserie pour la Maréchale (épouse du maréchal Pétain), puis visite de l’usine Rhône-Poulenc à Livron.

 


[2] Légende de la photographie : Le 10 mars 1941 : Georges Lamirand salue la jeunesse de Montélimar. Une jeune fille lui offre un bouquet de fleurs et lui dit « c’est pour le Maréchal ».
(Le Petit Dauphinois - Archives départementales de la Drôme, 4MI 200 R82).

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Portes-lès-Valence

Les voitures officielles arrivent à Portes-lès-Valence vers 15 h.

Sur la place de la mairie, les enfants des écoles attendent, ainsi que les Compagnons de France d’Étoile menés par le chef Yves Margerie.

La halte est de courte durée, le temps de présenter les personnalités dont le docteur Jean Planas, délégué à la jeunesse du secteur de Valence-sud, et d’écouter la Marseillaise, les chants des enfants. Suite au passage du ministre, le maire de la commune convoque à une assemblée toute la jeunesse pour « qu’elle se mette à l’œuvre ».

Retour à Valence.

Compagnons de France, Georges LAMIRAND

Arrivé à Valence par l’avenue Victor-Hugo, il s’arrête un court instant à la Maison de la jeunesse, nouvellement créée au N° 51, que Charles Buré fait visiter. Il prend ensuite la direction de l’école primaire supérieure et pratique rue Faventines où il est accueilli par le député-maire de Valence, M. Pécherot. Il rencontre les professeurs et visite les ateliers : électricité industrielle, menuiserie, ajustage, les machines-outils, les forges, puis l’internat, la cuisine et les réfectoires.

 

Au Centre d’enseignement ménager, rue Pont-du-Gât, Lamirand et sa suite sont accueillis par une double rangée de jeunes filles. Melle Lescombes, directrice, fait visiter la maison. Auguste Estour, président de l’association des familles nombreuse, prononce une brève allocution. En traversant la cour, le cortège se rend dans les locaux des « Repas populaires ».

À 19 h, tout le monde se dirige vers la gare où est attendu un train de malades et de rapatriés. Le convoi comprend 510 militaires et 160 malades ou blessés. Ils sont dirigés vers l’hôpital du Valentin à Valence avec l’aide des infirmières et des compagnons. Et la journée se termine par l’assemblée générale de la jeunesse à 20 h 30 dans l’immense salle Sainte-Madeleine[3], avec la participation de tous les mouvements de la jeunesse et un dernier discours du Secrétaire général à la Jeunesse.

 

[3] Le 10 mars 1941 : Georges Lamirand sort du 51 avenue Victor Hugo, il serre la main de Charles Buré. À droite de la photo, le préfet Rivallan. (Le Petit Dauphinois - Archives départementales de la Drôme, 4MI 200 R82).

 

[4] Légende de la photographie : Le 10 mars 1941 : Georges Lamirand sort du 51 avenue Victor Hugo, il serre la main de Charles Buré. À droite de la photo, le préfet Rivallan. (Le Petit Dauphinois - Archives départementales de la Drôme, 4MI 200 R82).

 

Chantier des Balmes

Le 11 mars, avant de regagner Vichy, Lamirand fait un détour au chantier des Balmes, toujours accompagné par les personnalités.

Le chantier des Balmes est un quartier de Romans situé à trois kilomètres du centre-ville.

Ce chantier, directement sous l’autorité du secrétariat à la jeunesse, a été créé pour accueillir rapidement des jeunes sans travail. D’abord en faisant des travaux de terrassement, début 1941, se développe un centre d’accueil et de préapprentissage dans une maison de campagne retapée.

Les jeunes reçoivent une formation générale : français, calcul, histoire… Ils réalisent des travaux manuels : jardin, élevage de lapins, ainsi que de la menuiserie.

Après un séjour de quelques mois, les jeunes sont orientés soit sur un centre de formation professionnelle ou chez un artisan. Quel que soit le lieu, le secrétaire général à la jeunesse reçoit un accueil enthousiaste de la part de tous les mouvements de jeunesse : les scouts, les guides, les éclaireurs, les sociétés sportives, les compagnons de France … en criants des ″vive Pétain″ et en chantant la Marseillaise.

Quelques jours après son retour à Vichy, Georges Lamirand envoie une lettre de remerciement à tous les maires qui l’ont bien reçu et félicite les jeunes de leur présence pour écouter les consignes du Maréchal.

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