Nous les Compagnons de la Chanson

Compagnons de la Chanson

 

 

LANCELOT, Hubert

Nous les Compagnons de la Chanson

Éditions Aubier-Archimbaud

Juin 1989

 

312 pages

Hubert LANCELOT entre en stage chez les « Comédiens routiers » et après quelques jours à monter et démonter les décors, il rencontre Jean VERLINE, moniteur de chant, qui l’invite à rejoindre le groupe les Compagnons de la musique.

Il y arrive le 11 septembre 1942, jour anniversaire de ses 19 ans, dans les locaux qu’occupe Louis LIÉBARD.

Les Compagnons de la musique ont déjà un an d’existence.

Les Compagnons de France

Hubert LANCELOT rappelle que les Compagnons de la musique font partie des Compagnons de France, mais ne s’attarde pas sur la présentation de ce mouvement.

Seuls les événements extérieurs impactent le groupe de chanteurs. L’organisation de spectacles par les chefs de provinces, la dissolution du mouvement, etc. ponctuent la vie du groupe.

En 1943, menacés par les départs au STO (Service de Travail Obligatoire en Allemagne), ils se réfugient en Ardèche, chez Franck GAIGNAIRE, chef compagnon de France, où, sans la tutelle de LIÉBARD, ils élaborent quelques nouvelles « fantaisie musicales » très appréciées du publique ardéchois. De ce temps d’indépendance, artistique et financière, les éloignent des Compagnons de France.

La Communauté Marcel Barbu

Hubert LANCELOT, en un petit paragraphe, parle de sa rencontre avec Marcel BARBU :

… La veille du jour de l’an à Valence. Après le spectacle un homme nous aborde discrètement.

Je suis le patron d’une petite entreprise que les Allemands ont voulu réquisitionner. Avec tout mon personnel, j’ai pris le maquis. Je voudrais que vous veniez chanter pour nous. Une camionnette vous attendra demain. Il n’y a aucun risque.

            Risques ou pas, nous acceptons et promettons d’être ponctuels au rendez-vous. Cet homme était Marcel BARBU futur candidat à la présidence de la république, en 1965.

 

NOTA : Hubert LANCELOT fait erreur sur la période. La communauté de Marcel BARBU n’a pris le maquis qu’en février 1943 (achat de la ferme de Mourras à Combovin). D’ailleurs la photographie ci-dessous montre que ce n’est pas l’hiver.

Compagnons de la Chanson

Les Compagnons de la musique à la ferme de Mourras (Combovin). Ils ne sont pas en tenues d’hiver.

Les Compagnons de la musique

Quelques dates et évènements importants pour les compagnons.

En septembre 1943, arrive Fred MELLA, voix de ténor, qui devient le soliste de la troupe.

Le 5 avril 1944, les Compagnons de la musique participent à un gala de soutien à la Comédie française au profit des veuves et orphelins de cheminots.

… Avant que les lumières s’éteignent et que la fête soit finie, un tout petit bout de femme, qui nous a tous fascinés tout à l’heure, très pâle dans sa stricte robe noire, vient nous félicité. Le franc-parler, cette évidente sincérité n’appartiennent qu’à elle : Édith PIAF.

En janvier 1944, la dissolution du mouvement des Compagnons de France n’arrête pas l’élan des Compagnons de la musique. Sur la chemise, le coq compagnon est remplacé par une lyre. Et l’aventure continue.

Deuxième rencontre d’Édith PIAF en juin 1944, qui les encourage.

1946 éclate un conflit entre Louis LIÉBARD et les jeunes chanteurs, qui veulent profiter du succès grandissant auprès du publique. LIÉBARD refuse des contrats qu’il trouve trop « music-hall ». En quelques jours la rupture se concrétise par la création d’une société coopérative (SCOP) qui porte le nom de « Les Compagnons de la Chanson ». Elle comprend 8 garçons et une femme. Ce chiffre de neuf sera maintenu jusqu’à la fin.

Les responsabilités sont réparties :

Jo FRACHON est nommé fondateur

Jean-Louis JAUBERT, président-directeur-général

Marc HERRAND, directeur musical

Guy BOURGUIGNON, régisseur de scène, chargé des relations avec le publique

Fred MELLA, trésorier-payeur

Gérard SABAT, intendant, économe

Jean ALBERT, responsable du matériel

Hubert LANCELOT, secrétaire général, tenir le cahier de bord, répondre aux courriers, constituer les archives.

Mireille COUTELEN, co-fondatrice et sous-secrétaire. Soin des costumes de scène, raccommodage, repassage, popote et organisation des tournées.

La SCOP « Les Compagnons de la Chanson »

Pourquoi une société coopérative ? Hubert LANCELOT précise la démarche et les valeurs qui lient la nouvelle équipe.

Parce que nous voulons une existence légale inscrite au registre du commerce, et qu’elle est moins chère et la plus pratique. Pas de capital, pas de bénéfice, pas d’impôt, uniquement des salaires que nous fixons selon une échelle mobile qui nous est propre. Et surtout une formule associative qui correspond à notre esprit d’équipe, à la conception de la communauté, à laquelle nous sommes restés fidèles. Aucun papier signé entre nous, pas d’autre contrat qu’un contrat moral.

Autre règle d’or, la majorité. Sans elle pas un départ ou une arrivée d’un membre de l’équipe, une décision, une orientation musicale ou un désaccord grave n’est réglé. Pour les Compagnons la démocratie est souveraine tout comme la parole donnée fait force de loi. Pas de commandements écrits sur des tablettes mais un accord tacite des droits et des devoirs pour tous et toujours respecter.

Un Compagnon est toujours disponible pour l’équipe, avant même sa propre famille.

Un Compagnon fait passer l’intérêt général avant son intérêt personnel.

Un Compagnon ne manque jamais une répétition.

Un Compagnon prend part à toutes les réunions d’équipe.

Un Compagnon coupable d’une infraction est passible d’une amende calculée par ses camarades et versée à la « caisse noire ».

Enfin, et avant tout, un Compagnon prend fait et cause pour un autre Compagnon en difficulté, avant même d’en connaitre les raisons.

 

C’est en conseil d’équipe qu’est décidé que les Compagnons de la chanson seront toujours composés de neuf garçons. Mireille COUTELEN doit quitter le groupe. Elle suivra de près les évolutions car elle se marie avec Hubert LANCELOT.

 

NOTA : C’est l’occasion de relire la Règle de la Communauté Marcel BARBU

Les Compagnons de la Chanson

En avril 1946, les Compagnons de la chanson partent en tournée de 15 jours, en Allemagne, avec Édith PIAF. « Les Trois Cloches » est un succès.

Mi 1946, Édith leur propose une tournée aux USA.

C’est le début de plus de dix ans de spectacles ensembles.

 

Le 10 mai 1983, les Compagnons de la chanson donnent leur dernier récital au théâtre de l’Olympia (Paris).

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