Inventeur du crédit-bail

Lucien PFEIFFERLucien PFEIFFER

 

 

 

 

Lucien Pfeiffer est né le 4 octobre 1921 à Mulhouse (Alsace).

En 1942 il intègre l’école des Hautes Études Commerciales –HEC. C’est cette même année qu’il s’engage dans le réseau de résistance « Libération Vengeance ».

En 1945, il adhère à Économie et Humanisme et effectue un stage à Boimondau. Dans le Lien numéro 28 du 15 octobre 1945, son arrivée est annoncée.

Il écrit de nombreux livres sur l’économie pour retracer son expérience et faire partager ses propositions pour une économie au service de l’Homme.

Il décède le 9 novembre 2013.

L’Argent contre l’Entreprise

  Lucien PFEIFFER

FEIFFER, Lucien

L’Argent contre l’Entreprise

Éditions ENCRE, 1980

230 pages

 

« L’Autogestion n’est pas un ensemble de recette, encore moins un slogan politique, mais une mentalité et un comportement d’homme responsable, conscient que l’union fait la force et ne s’obtient que par la solidarité offerte et consentie ».

Pour Lucien PFEIFFER, H.E.C. de 58 ans, père de 10 enfants, Président d’un groupement coopératif d’entreprises, inventeur du crédit-bail et de la SICOMI, la construction d’une société libre, solidaire et responsable, passe par l’abolition du salariat.

« L’Argent contre l’Entreprise » retrace son itinéraire passionnant, celui d’un chef d’entreprise en butte au pouvoir de l’argent dans un monde crispé sur ses privilèges et ses rentes de situation.

Lucien PFEIFFER est un acharné de la coopération, où l’économie doit être au service des hommes. Dans son témoignage, il aborde trois temps, trois expériences.

Tout d’abord la période au Cameroun. Cofondateur de l’association France-Cameroun, il propose à Robert SCHUMANN de créer une communauté avec une centaine de jeunes volontaires pour mettre en valeur les hauts plateaux de l’Adamaoua (sud Cameroun). C’est en Afrique francophone que Lucien PFEIFFER créait et aide la création de nombreuses coopératives permettant aux paysans de s’organiser de vendre leur production dans les meilleures conditions. Il a fallu inventer de nouvelles formes de financement ? C’est en 1948 qu’est né le crédit-bail.

De retour en France, il créait le « Groupement Français d’Entreprises », société de forme coopérative, regroupant près de 3000 sociétaires et 2000 salariés. Sa façon de faire dérange et ouvre des appétits. Il doit lutter chaque instant pour sauvegarder le groupe dans l’intérêt des sociétaires et du personnel en place.

Mais le gros de son ouvrage c’est ses démêlés avec les « technocrates de la finance » au service de l’argent. Que ce soit les hauts fonctionnaires à la Banque de France, au trésor ou dans les ministères (les hommes politiques changent, eux restent), sans aucun risque pour eux, ils dictent, à ceux qui sont venus présenter un dossier d’agrément, leurs visions de la loi, et c’est leurs interprétations qui prévales. Et que dire quand ces mêmes fonctionnaires passent dans le privé et que l’on retrouve aux directions des banques ?

La troisième partie, c’est l’espoir. De son stage effectué en 1945 à la communauté de travail Boimondau à Valence, son engagement auprès de Marcel BARBU pour faire voter une loi (soutenu par un autre député qui deviendra l’Abbé Pierre) sur les communautés de travail en 1946, et sa participation à la création de la première communauté de travail à Paris : Rochebune avec Jean LE CHATELIER en 1947, Lucien PFEIFFER propose que soit créé un nouveau type de sociétés des hommes à côté des sociétés de capitaux. Le changement que nombre de citoyens aspirent, viendra des changements des mentalités et des changements de structures.

En 2016, les propositions de Lucien PFEIFFER sont encore d’actualité.

Libre entreprise et socialisme

Libre entreprise et socialisme, Lucien PFEIFFERPFEIFFER, Lucien

Libre entreprise et socialisme

Éditions ENCRE

Février 1986

194 pages

 

L’entreprise n’a pas d’existence légale ! Cette affirmation, Lucien PFEIFFER l’explique par l’histoire des hommes qui entreprennent.

L’entreprise primitive quand nos ancêtres s’associent pour chasser, pêcher ou cueillir ensemble. L’entreprise rassemblait des femmes et des hommes pour poursuivre un but commun.

Beaucoup plus tard, pour financer les entreprises guerrières ou les entreprises maritimes, les coûts étant importants, il faut s’associer à des prêteurs. L’un prenait le risque de perdre la vie, l’autre de perdre sa mise. Chaque partie ayant son domaine de compétence.

Quelques prêteurs ayant bien réussit (ceux qui se sont ruinés sont vite oubliés), les risques sont mieux partagés, les prêteurs veulent participer aux décisions, prévoir des règles d’admission et de retrait. Le résultat est partagé.

L’entreprise n’est plus une aventure glorieuse, née alors l’entreprise « fabricante », l’entreprise pérenne quotidienne : mines, manufactures, commerces. C’est le début du salariat, les travailleurs ne sont pas des associés. Les associés sont ceux qui ne tirent pas leurs revenus de leur travail mais de l’argent. On passe de l’entreprise des hommes à l’entreprise des capitaux.

Au 19e siècle, les capitaux nécessaires au développement industriel ne peuvent être fournis par une personne, les besoins sont énormes. Il faut s’ouvrir à de personnes qui ne se connaissent pas, il faut aussi répartir les risques. Du dirigeant qui connait les actionnaires et l’entreprise, du fait de la dispersion, tous les actionnaires ne purent influer sur le destin de l’entreprise, de là nait les « managers ».

Les capitalistes perdent de leurs moyens, sont remplacés par les épargnants. Si le capitalisme accepte de perdre son avoir, ce n’est pas de même pour l’épargnant. Le capitalisme accepte le revenu aléatoire de son capital, l’épargnant refuse cet aléa. Les épargnants se désintéressent de l’entreprise

Les épargnants individuel disparaissent, ils sont regroupés dans des institutions d’épargne et de placement : (SICAV, caisses de retraite, compagnies d’assurances, Fonds commun de placement…) qui se font une règle de ne pas intervenir dans la gestion des entreprises.

Quand les capitaux ne sont plus suffisants, c’est l’État qui va prendre les risques : sidérurgie, spécial, informatique, aéronautique.

Aujourd’hui, les fortunes sont entre les mains de quelques personnes, via des établissements financiers, l’entreprise n’est que le moyen de bons retours sur leurs investissements. L’entreprise : « des hommes qui produisent des biens ou proposent des services », assume toutes les charges, seul les résultats va aux propriétaires de capitaux.

Lucien PFEIFFER propose de revenir à l’entreprise. Le code civil, le code de commerce, le code du travail ne connaissent que la « société ». La société est un contrat par lequel deux ou plusieurs personnes conviennent de mettre en commun des biens ou leur industrie en vue de partager le bénéfice ou de profiter de l’économie qui pourra en résulter. Les associés s’engagent à contribuer aux pertes : article 1832 du code civil.

Il faut une loi qui permet la création d’entreprises avec tous les pouvoirs entre les mains des travailleurs-associés. Le capital, nécessaire à la création et au développent serait assuré par du crédit-bail.

La fin du capitalisme… et après ?

Lucien PFEIFFER

 

PFEIFFER, Lucien

La fin du capitalisme… et après ?

Édition Yves Michel, mars 2006

184 pages

 

 

Aujourd’hui, ce sont des entrepreneurs, des banquiers, des économistes, qui s’adjoignent au mouvement altermondialiste pour alerter : le système capitaliste est en train de s’autodétruire !

Les États ayant renoncé à leur droit régalien d’émettre la monnaie, la « bulle financière spéculative » va éclater et provoquer des conséquences dramatiques.

Ce livre ouvre des pistes pour rebâtir un monde où l’homme sera enfin la finalité de l’économie.

Lucien Pfeiffer clarifie certaines notions clés, de façon très pédagogique, pour sortir des confusions : l’entreprise, la monnaie, la comptabilité  publique, etc.

Son apport fondamental est de faire des propositions de réforme et de lois pour :

  • Une nouvelle forme d’entreprise,
  • La couverture du risque économique par les assurances,
  • La comptabilité publique,
  • Une nouvelle forme de prêt à bail,
  • De nouveaux indices pour le PIB.

Entre autres, il propose d’imputer les coûts du capital dans le prix de revient, et d’attribuer les résultats au collectif de travail : une inversion qui changerait la face du monde !

 

Cet ouvrage se situe bien à la suite « L’Argent contre l’Entreprise » dont dans le dernier paragraphe où il ouvre des perspectives. Il explique par des exemples les sociétés, l’entreprise, la monnaie et propose la création de « sociétés partenaires » où les salariés s’associent pour entreprendre ensemble et le capital est rémunéré par l’activité de l’entreprise.

Le stage effectué à la communauté Boimondau en 1945 et son rôle d’accompagnement lors du mandat de député de Marcel Barbu en 1946 l’ont guidé toute sa vie. Un encadré, page 89 mérite d’être cité.

« La France, en 1945, après la Libération, des milliers d’entreprises se remirent en marche sans les propriétaire capitaliste. Ils étaient en fuite ou en prison pour collaboration avec l’ennemi. Les cas les plus célèbres furent ceux de Renault, Berlier et les Biscuits Brun de Madame Daré Touche. Ces remises en route étaient illégales car elles n’avaient pas de statut légal. Seul Renault eu un statut spécial voté au le parlement. Un projet de loi sur les communautés de travail fut déposé par l’intergroupe parlementaire dans lequel figurait notamment Marcel Barbu, l’inventeur des communautés de travail et l’Abbé Pierre (1). Ce statut ne fut jamais discuté quoique rattaché à la loi de nationalisation du gaz et de l’électricité, car les communistes et la majorité des socialistes préconisaient l’appropriation collective des moyens de production par la nationalisation qui n’était que du capitalisme d’État, lequel ne changeait en rien la logique du capitalisme, alors que la communauté de travail inversait cette logique en affectant les résultats aux travailleurs, le coût du capital était pris en compte dans les frais généraux.

(1) De son vrai nom Henri Grouès qui fonda sur les principes de la communauté de travail la communauté Emmaüs. »

Parmi les personnes que Lucien Pfeiffer remercie au début de son livre, il y a Ginette et Jeanne Barbu. Ginette est la deuxième femme de Marcel Barbu et Jeanne est la fille de Ginette et Marcel Barbu.

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