Le 50ème anniversaire de Boimondau

Marcel BESSIERE

 

ALLOCUTION de Marcel BESSIERE

LORS DE L'INAUGURATION DE LA RUE MARCEL BARBU le 19 octobre 1991

A l'occasion du 50ème anniversaire de la création à VALENCE, par Marcel BARBU, de la 1ère Communauté de Travail autogérée, l'ASSOCATION DES COMPAGNONS ET AMIS des COMMUNAUTES AUTOGEREES, a obtenu de la VILLE qu'une rue porte son nom.

Par ailleurs, une PLAQUE COMMEMORATIVE sera apposée sur le bâtiment de l'ancienne usine BOIMONDAU, 41 rue Montplaisir.

 

Ensuite, une réception à l’HOTEL de VILLE, est organisée par la MUNICIPALITE, pour accueillir les membres de l'Association, ceux de la Fédération des Déportés et Internés, ainsi que les amis qui voudront bien s'y joindre.

Cet hommage en ces trois lieux nous permettra de rappeler les grandes lignes de la VIE de Marcel BARBU, de l'expérience BOIMONDAU et les caractéristiques de la vie de Marcel BARBU en déportation.

Merci à tous ceux qui ont bien voulu répondre à notre appel, en espérant que d'aucuns adhéreront à notre Association,

Merci à la VILLE pour l'aide qu'elle a bien voulu nous apporter,

Merci à Monsieur le Pasteur PINGUET qui nous a autorisé à poser la plaque et à utiliser le parking de son association, rue Montplaisir,

Merci à la presse qui a diffusé nos appels.

Je tiens à présenter les excuses de :

- Monsieur Rodolphe PESCE, Maire, retenu pour raison de santé,

- Monsieur Roger LERON, député, retenu par une Mission à NANCY.

Huit membres de la famille de Marcel BARBU sont parmi nous :

  • Son fils JACQUES avec son épouse,
  • Son fils MICHEL avec son épouse Muguette, qui travaillèrent à la Cité DONGUY HERMANN,
  • Son fils DANIEL, accompagné de sa fille,
  • La fille de l'ainé des enfants, ANDRÉ, prénommée Brigitte, accompagnée de son époux.

Madame Pierrette BARBU, dont le rôle fut particulièrement important tant à BOIMONDAU qu'à la Cité DONG HERMANN, s'est excusée, car frappée par une mauvais grippe.

 

Marcel BARBU

Déporté à BUCHENWALD - Député de la DROME 1907 - 1984

Marcel BARBU est né à NANTERRE, le 17 Octobre 1907, d'une famille d'humbles ouvriers. Il ne put terminer ses études faute d'argent et apprit le métier de Monteur de Boites de Montres.

En 1930, il crée à SAINT-LEU-LA-FORET, sa première Usine de Boites de Montres.

En 1938, cette usine devenue importante est transférée à BESANCON. Elle occupe alors de 60 à 80 ouvriers.

En Septembre 1940, les Allemands expulsent BARBU de BESANCON en raison de son comportement qualifié de révolutionnaire contre les administrations et l'occupant.

En 1941, il lance à VALENCE sa première COMMUNAUTÉ DE TRAVAIL, aboutissement de plus de 10 ans de recherches et d'efforts.

D'Octobre à Décembre 1942, Marcel BARBU, sur arrêté du Préfet HAMON, fut interné par VICHY à FORT BARREAUX (Isère) pour avoir refusé énergiquement la Relève et le travail obligatoire en Allemagne, au nom de tous les membres de la Communauté.

En Février 1943, poursuivi à nouveau par les Allemands, il prend le MAQUIS avec les 120 personnes de la Communauté, et ce, après avoir déménage tout le matériel de l'Usine.

À ce propos, le MAQUIS organisé par la COMMUNAUTE DE TRAVAIL, fait l'objet d'une attestation du Général DESCOURS, alors Chef de Cabinet Militaire du Ministre des Armées, qui précise (Note 942/4) :

"Ce Maquis fournit à plusieurs reprises des Cadres pour le démarrage de plusieurs autres Maquis. Il assura la garde continue de la protection du plateau de Marquet ainsi que la collecte des vivres, dans la région. En Mars 1944, le groupe fut attaqué par les Allemands qui incendièrent le domicile de Monsieur BARBU à titre de représailles et pillèrent l’Usine de VALENCE.

Neuf de ses membres furent faits prisonniers, l'un fut fusillé : Charles HERMANN, deux moururent en déportation : Simone et Jean DONGUY. Marcel BARBU fut envoyé à BUCHENWALD, les autres furent délivrés dès 1945.

Le groupe se dispersa alors. La fraction demeurée à VALENCE se distingua particulièrement lors du bombardement de la Ville.

Ainsi, le Groupe a donné la preuve incontestable de son dévouement à la cause de "la Résistance".

Signé : DESCOURS.

C'est en Avril 1944 que Marcel BARBU fut envoyé à BUCHENWALD. Sa déportation cessa en Mai 1945, date de son rapatriement.

Le 21 Octobre 1945, lors des ELECTIONS GENERALES à la CONSTITUANTE, Marcel BARBU figure en deuxième place sur la LISTE INDEPENDANTE d'ACTION et de REALISATIONS REPUBLICAINES, conduite par le Maire de ROMANS : Paul DEVAL.

Élu avec 26.614 voix, Paul DEVAL, dès mars 1946 démissionne, et c'est son second de liste, Marcel BARBU, qui lui succède, conformément à l'Ordonnance du 13/09/1945.

Ainsi, comme DEPUTE DE LA DROME, Marcel BARBU se manifestera souvent à la Tribune de l'Assemblée, sur les problèmes :

. de l'Enseignement,

. de la Reconstruction des Villes,

. de l'Aménagement des Campagnes,

. de l'Urbanisme en général,

. de la Simplification des formalités administratives,

. de la Nationalisation du Gaz et de l’Électricité.

Il intervint particulièrement en faveur des Sinistrés.

En outre, il proposera la LOI dite "DONGUY-HERMANN", sur les COMMUNAUTES de TRAVAIL, sur la Création d'un Conseil Communautaire, ainsi qu'une Loi tendant à permettre la transformation des Entreprises anciennes en Communautés de Travail

Il était trop en avance dans ses idées pour l'époque, bien que de nombreuses petites Communautés se constituèrent, qui adhérèrent à l’ENTENTE COMMUNAUTAIRE à VALENCE, sur le Plateau des Hautes-Faventines, c'est dès la fin de 1946, début 1947, que Marcel et Pierrette BARBU créent le premier Échelon de CITE, qui comprendra plusieurs "Pré-Communautés" qui furent appelées :

MECANHOR - LE SILLON - CODASTRA, COMMADAU et AGRICOLE.

Au cours de l'été 1949, Monsieur l'Abbé GLASBERG, responsable de la mise en place d'un Centre de personnes déplacées, négocia le départ des habitants de cette Cité qui fut prise en charge par Marcel MERMOZ et s'appellera alors CITE HORLOGERE.

En 1965, Marcel BARBU avait été candidat à la Présidence de la République alors qu'il habitait SANNOIS dans le Val d'Oise où il avait été à l’origine d’une ASSOCIATION DE CONSTRUCTION IMMOBILIERE ET DE GESTION, dont l'objet était de reloger des foyers de conditions modestes. 3.500 logements furent réalisés par cette association.

En 1957, il s’était présenté aux élections législatives dans le 7ème arrondissement de PARIS.

Dans sa profession de foi, lors de sa candidature à la Présidence de la République, il déclarait s'intéresser particulièrement :

. aux français mal logés,

. aux vieillards inquiets et abandonnés,

. aux malades sans soins,

. aux jeunes sans espérance et sans avenir,

. aux mères de famille tracassées par les démarches, les décomptes, les déclarations de toutes sortes,

. aux fonctionnaires mal payés, mal utilisés, rongés d’ennui,

. aux chefs d'entreprises tracassés par le fisc,

. aux ouvriers Inquiets, aux travailleurs sans joie, à la recherche d’un équilibre de leur budget,

ETC...

Il affirmait son PROGRAMME, en le résumant par quelques mots clés :

LA LIBERTE ET LE RESPECT DE L'HOMME, par L'AMOUR, LA JUSTICE et PAR LA VERITE.

Le 7 NOVEMBRE 1944, Marcel BARBU décède dans sa 78ème année.

En vérité, le véritable personnage de Marcel BARBU se trouve dans son action Communautaire que nous honorons particulièrement aujourd'hui.

Je reprends un article de Jean HEINEMAN, ancien membre de la Cité Horlogère de VALENCE ;

"Marcel BARBU, propriétaire d’une petite Usine de Boitiers de Montres, ne voulait plus être le patron d’ouvriers salariés. Il a fait don de son entreprise à ses ouvriers.

Une Coopérative Ouvrière, à caractère Communautaire, nait de ce "geste et se développe. Il ne s'agit pas seulement d'une nouvelle forme sociale du travail car la REGLE de la Communauté est un document fort intéressant quant à la structure et la fonction hiérarchique et participatif, mais également du point de vue éthique et pédagogique, dépassant le travail et englobant la vie familiale".

Je crois que ce résumé marque parfaitement l'essentiel du combat mené par ce Génie que fut Marcel BARBU.

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